Vous trouverez ici notre dépliant pour le programme du colloque international DISSÉQUER & GUÉRIR. Violences dans les littératures congolaises. Nous nous réjouissons de vous accueillir !
Journées littéraires congolaises/ Kongolesische Literaturtage 01.-04.09.2026
Avec Charles Djungu-Simba (1er septembre, HU-Berlin); avec Nadège Kusanika & Fiston Mwanza Mujila (2. septembre, HU-Berlin, Dt. & Frz.); avec In Koli Jean Bofane & Joëlle Sambi (3 septembre, ambassade de Belgique); avec Richard Ali A Mutu K. (4 septembre, HU-Berlin) + table ronde sur l’édition en RDC. Tous les événements sont publiques (préinscription réquise à l’ambassade de la Belgique). Soyez la bienvenue et veuillez trouver tous les détails du programme ici.

Colloque du 1ᵉʳ au 4 septembre 2026: DISSÉQUER & GUÉRIR. VIOLENCES DANS LES LITTÉRATURES CONGOLAISES
Il est désormais presque banal, mais néanmoins toujours nécessaire, de constater que l’histoire de la République démocratique du Congo (anciennement État indépendant du Congo – Congo belge – République du Zaïre) est marquée depuis des siècles par des expériences de violence extrême : mise en esclavage, exploitation des matières premières, colonialisme, décolonisation, dictature postcoloniale, guerres et conflits armés qui perdurent encore de nos jours. La littérature, qui était initialement parlée et chantée dans les nombreuses langues du Congo et qui, depuis l’époque coloniale, est également écrite – d’abord principalement en français –, sert de lieu où ces actes de violence sont dénoncés et thématisés. Les formes littéraires désormais variées dans lesquelles la violence au Congo est abordée et que les invités du colloque vont étudier ensemble, ont des fonctions sociales, analytiques et esthétiques différentes selon le contexte dans lequel elles ont été créées, le lieu où elles ont été exprimées, le genre et la langue choisie.
Partant de ce constat, nous souhaitons, dans le cadre de notre colloque, considérer « la dissection » de la violence, de sa genèse et de ses formes, comme faisant partie intégrante des textes littéraires, c’est-à-dire comme une forme possible d’aborder littérairement la violence coloniale et postcoloniale au Congo. Dans le même temps, il nous semble que la critique littéraire a pour objectif d’étudier ce que la littérature exprime en termes de souffrance causée par la violence, de deuil et de désespoir, mais aussi de résistance, de rébellion, de développement de la résilience et de réparation. Compte tenu de la violence persistante, des traumatismes et des injustices continus en RDC, la question d’une contribution possible de la littérature à la « guérison » nous semble être particulièrement pertinente. Le colloque réfléchit sur la contribution que peut apporter la littérature, sous toutes ses formes, pour surmonter les expériences de violence. Que peut signifier « dissection », que peut signifier « guérison » dans le contexte de la littérature congolaise ? Quels liens existe-t-il entre des concepts tels que la réparation, la résilience, la réconciliation et la guérison, qui sont abordés dans les récits et les performances (prose, poésie, théâtre) au Congo et dans sa diaspora mondiale ? Que proposent les récits qui traitent de la violence et/ou expérimentent des formes de mise en scène violentes, non seulement pour témoigner, dénoncer ou analyser la genèse des actes de violence, mais aussi pour mettre en place des processus de guérison, tant au niveau individuel que collectif ? Ce colloque explore donc le potentiel littéraire de la « guérison » et met ainsi l’accent sur les fonctions éthiques et sociales des textes dans les contextes spécifiques de la RDC.
Soyez la bienvenue et veuillez trouver tous les détails du programme ici.

Pour votre inscription au colloque et toute question le concernant veuillez vous adresser à infoaudeladestenebres.iaaw@hu-berlin.de
Conférence le 20 Mai 2026: Violence et Réparation dans les narrations littéraires de la République Démocratique du Congo

Resilience, Rêve/rie, Redemption, Reparation? Beyond Violence in Congolese Film Narratives
Prof. Dr. Susanne Gehrmann, Présentation au colloque interne du Käte Hamburger Kolleg CURE, Saarbrücken 5.5.2026
Parutions
2026
Guthmüller, Marie: „’Représenter et dissimuler la violence dans le roman picaresque Congo Inc. Le testament de Bismarck (2014) d’In Koli Jean Bofane“, in: Maurice Amuri u.a.: Violence, identité et construction de la Nation. Actes du colloque à Lubumbashi en avril 2022. (sous presse)
2025
Guthmüller, Marie: „Zur Darstellung und Begründung von Gewalt in Jean Bofanes pikareskem Roman Congo Inc. Le testament de Bismarck (2014)“, in: Goumegou, Susanne/Komorowska, Agnieszka/Thies, Sebastian (éds..): Transkulturationen des Pikaresken in den romanischsprachigen Literaturen Afrikas und Lateinamerikas, Heidelberg: Winter, 2025, 313-324.
Guthmüller, Marie: „’Qu’est-ce qui s’est passé dans les bois?’ Gewalt im Wald bei Bolya Baenga, Sony Labou Tansi und Jean Bofane“, in: José Manuel Blanco Mayor, Julia Dettke, Joris Lehnert (éds.): Romanistisch, politisch? Potenziale für die Gegenwartsanalyse. Bielefeld: transcript 2025, 141-156. https://www.transcript-verlag.de/978-3-8376-7182-7/romanistisch-politisch/
2023
Gehrmann, Susanne: „Photographie et écriture autobiographique au Congo“, in: Silke Segler-Meßner/Isabella von Treskow (éds..): Traumatisme et mémoire culturelle. France et espaces francophones. Berlin, De Gruyter 2023, S. 359-374. https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/9783110420746/html23
2022
Gehrmann, Susanne: „The World is a Bar. Fiston Mwanza Mujila’s Writing beyond ‘Africa’“, in: Tydskrif vir letterkunde (Pretoria) 59/3, 2022, 165-183. https://doi.org/10.17159/tl.v59i3.13717
Gehrmann, Susanne & Gbandé, Daré: „From a Francophone Novel to an Anglophone Film: Emmanuel Dongala’s Johnny chien méchant and Jean-Stéphane Sauvaire’s Johnny Mad Dog“, in: Susanne Gehrmann/Pepetual Mforbe Chiangong (éds.): Crossings and Comparisons in African Literatures and Cultures. WVT, Trier, LuKA 15, 2022, 193-215.
2021
Gehrmann, Susanne: “Congolese Child Soldier Narratives for Local and Global Audiences. From Testimony to Reconciliation”, in: Journal of World Literature 21, 2021, S. 148-166. https://brill.com/view/journals/jwl/6/2/article-p148_3.xml?language=en
2019 – 2009 (pré-projet)
Gehrmann, Susanne/Charlott Schönwetter (éds.): The Ubiquitous Figure of the African Child Soldier. Interviews with African Writers, Academics, and Cultural Activists followed by a Comprehensive Bibliography. Trier: WVT, 2019. LuKA 8.
Gehrmann, Susanne: „Of Degenerated Heroes and Failed Romance: King Léopold’s Congo in Popular European Literatures“, in: English Studies in Africa 59, 2016, 52-62.
Kabuya, Ramcy Salomon Ngoie: Les nouvelles écritures de la violence dans la littérature africaine francophone. Les enjeux d’une mutation depuis 1980. Thèse de doctorat soutenue à L’Université de Lorraine-Metz, 2014.
Gehrmann, Susanne : „Functions of Photography in V.Y. Mudimbe’s Autobiographical Essay Les corps glorieux des mots et des êtres – The Glorious Bodies of Words and Beings“, in: Susanne Gehrmann/Flora Veit-Wild (éds.): Conventions & Conversions. Generic Innovations in African Literatures/Innovations génériques dans les littératures africaines. WVT, Trier, 2012, LuKA 4, 3-23.
Guthmüller, Marie: „‚Structures de violence‘ – Cannibale de Bolya Baenga analysé à partir de Heart of Darkness de Joseph Conrad et de Des mille collines aux neuf volcans de Marie Gevers“, in: Begenat-Neuschäfer, Anne/ Kouakou, Jean-Marie (éds.): Nouvelles tendances du conté et du narré en langue française en Afrique de l‘Ouest, Frankfurt a. M. [et al], Peter Lang, 2011, 127-146.
Kabuya, Ramcy Salomon Ngoie, Maëline Le Lay, Pierre Halen (éds.) : Lubumbashi, épicentre littéraire. Études littéraires africaines No. 27, 2009.
Gehrmann, Susanne: „Autobiographie und Photographie bei V.Y. Mudimbe“, in: Klang, Bild, Text. Intermedialität in afrikanischen Literaturen. Stichproben. Wiener Zeitschrift für kritische Afrikastudien No.17 /2009, 9-34. https://stichproben.univie.ac.at/alle-ausgaben/stichproben-nr-172009/.
Gehrmann, Susanne: „Remembering Colonial Violence. Inter/textual Strategies of Congolese Authors“, in: Tydskrif vir letterkunde (Pretoria) 1/2009, 11-27. http://www.scielo.org.za/scielo.php?pid=S0041-476X2009000100002&script=sci_arttext.
Violence et réparation dans les récits littéraires et cinématographiques de la République démocratique du Congo
Prof. Dr. Marie Guthmüller , Présentation au colloque interne du Käte Hamburger Kolleg CURE, Saarbrücken 4.11.2025

Nomination au collège d’études avancées CURE á Sarrebruck
Susanne Gehrmann et Marie Guthmüller ont été sélectionnées comme Fellows au collège d’études avancées Käte Hamburger Kolleg for Cultural Practices of Reparation (CURE) à l’université de la Sarre.
https://cure.uni-saarland.de/en/
Elles ont présenté leur projet “Violence and Reparation in Literary and Filmic Narratives from the Democratic Republic of Congo” lors de la soirée inaugurale de l’année académique du collège.
https://cure.uni-saarland.de/en/research/research-projects/gewalt-und-reparation-in-literarischen-und-filmischen-narrativen-der-demokratischen-republik-kongo/
Atelier: Écritures de la violence en Afrique centrale
Romanistiktag à l’université de Konstanz
Dans le cadre du Romanistiktag 2025 à l’université de Konstanz nous proposons un atelier sur les écritures de la violence en Afrique centrale.
Ci-dessous le programme de l’atelier :
Lundi, 22.09.2025
16:00–16:40 : Présentation du projet „Au-delà des ténèbres“ et de l‘atelier (Susanne Gehrmann & Marie Guthmüller)
16:45–17:25 : L‘ombre de Conrad en Afrique des Grands Lacs (Maëline Le Lay)
Mardi, 23.09.2025
8:15–8:55 : L’écriture dramaturgique de la violence dans le théâtre postcolonial camerounais : cas de Ngum a Jemea. Rudolf Doualla Manga Bell de Mbanga Eyombwan (Marie Christine Arlette Bessomo Mvogo)
9:00–9:40 : Violence littéraire, violence de la littérature : En quête de la liberté de Jean-Pierre Makouta Mboukou (Sandra Rudman)
9:45–10:25 : Violences contagieuses : Narrations épidémiques dans les littératures francophones de l’Afrique centrale (Hannah Steurer)
14:00–14:40 :Histoire et littérature : des systèmes sociopolitiques de l’Afrique contemporaine à une esthétique nouvelle. Cas d’un renouvellement des imaginaires dans Sans capote ni kalachnikov de Blaise Ndala (Maurice Amuri Mpala-Lutebele)
14:45–15:25 : Les trous comme objet épistémique dans la littérature congolaise de la diaspora (Maria Laura Cucciniello)
16:00–16:40 : L’écriture de la terreur dans la littérature féminine contemporaine d’Afrique centrale (Guy Aurélien Nda’ah)
Mercredi, 29.09.2025
8:15–8:55 : Mécaniques d’institutionnalisation de la violence dans roman postcolonial d’Afrique centrale : un retour à « l’état de nature » hobbesien (Jules Michelet Mambi Magnack)
9:00–9:40 : D’une trilogie à l’autre : déploiement de la violence dans l’œuvre romanesque de Sony Labou Tansi (Ramcy Kabuya)
9:45–10:25 : Les racines de la violence dans la nouvelle Kimpalanda ou le lac sulfurique (Carl Kalire)
15:30–16:10 : De la représentation à la réparation ? Écritures de la violence dans l’œuvre d’Annie Lulu (Christiane Solte-Gresser)
16:15–16:55 : La détresse de l‘horreur après la catastrophe : une épopée tragique pour dire le Congo des années 90 (Bocar Aly Pam)
jeudi, 25.09.2025
8:15–8:55 : Le cri silencieux. Figures de la violence psychologiques dans Le front brûlant de l’aube de Raoul Djimeli (Franck Kemayou)
9:00–9:40 : Corps fictionnels et violences rituelles : écritures de la violence dans le roman gabonais post-colonial (Benecien Bouchedi Nzouanga)
9:45–10:25 Uhr : De nouveaux rituels pour les morts et pour les survivants : Thanatofictions contemporaines pour le génocide rwandais (Cornelia Ruhe)
14:00–14:40 : La force des survivants et la reconstruction douloureuse de l’histoire familiale (Lydia Bauer)
14:45–15:25 : Une hauntologie de la violence? Écritures féminines et spectrales dans le roman Comme une reine d’Ernis (Karen Struve)
16:00–16:40 : Discussion finale
Café littéraire à Lubumbashi

Un des objectifs de la mission étant de faire le point sur l’activité littéraire et au besoin y participer, je ne pouvais mieux commencer ce samedi 19 juillet. Le Kiosque littéraire m’a invité à un de leurs événements, dénommé « café littéraire ». Celui-ci était consacré à la Danse du vilain de Mwanza Mujila, lauréat du prix des Afriques de la Cène littéraire en 2021. Cette activité clôturait le programme de promotion consécutif à l’obtention du prix. Ce café lushois a réuni une cinquantaine de lecteurs de tout horizon qui échangeaient leur point de vue sur l’œuvre. La présentation était assurée par Abel Bukasa, initiateur et animateur des « lectures étoilées » à la Halle de l’étoile/ Centre culturel français ainsi que Francis Busha, enseignant de français au secondaire. A la suite de leur mise en perspective, des échanges passionnés s’en sont suivis, ayant pour sujet, le plus souvent, le thème de la sorcellerie, la vraisemblance entre le fait de fiction et les réalités de la ville de Lubumbashi et, de manière tout à fait anecdotique, la langue de l’auteur.

Au-delà de ces discussions, quoi qu’on puisse en penser, il y avait là surtout l’occasion de voir le visage actuel de la littérature lushoise. Une jeune scène dynamique composée d’auteurs en herbes, d’éditeurs, de chroniqueurs, de slam et d’un large public dont la soif de lecture était palpable. La rencontre s’est achevée par une délivrance de certificat de participation que nombreux exhibaient comme des diplômes.

Ramcy Kabuya
Lubumbashi, le 19 juillet 2025